RDC : L’histoire se rappellera que le procès Vital Kamerhe serait politique comme celui de Lumumba en 1959 (Tribune de Me Achille Etukumalo)

L’histoire se rappellera que le procès de Vital Kamerhe serait politique comme celui de P.E. Lumumba en octobre 1959 au tribunal de 1ère instance de Stanleyville/Kisangani.

Dans notre Mémoire de Licence, nous avons traité du procès de P.E. Lumumba. A la question de pourquoi ce procès est beaucoup critiqué, nous avons voulu vérifier l’hypothèse selon laquelle ledit procès serait entaché de plusieurs irrégularités graves de procédure.

Au fait, P.E. Lumumba avait prononcé des discours ayant un contenu opposé à la politique belge de l’époque au Congo.

De l’ensemble de nos investigations, il ressort que :

1. Le procès de P.E. Lumumba est, en fait, entaché de plusieurs irrégularités graves de procédure telles que le non-respect de la composition du siège, la violation des règles de l’interrogatoire, l’emploi irrégulier du magnétophone, la violation du délai de recours par l’administration coloniale, des droits de la défense, des principes du droit à un procès équitable, etc. Etant écarté des règles de procédure, le procès s’est également égaré de la vérité. La Belgique, l’un des Etats membres de la sauvegarde des droits de l’homme, ne les a pas, malheureusement, observés. Et ce, à cause de la pression politique.

2. Au finish, le procès de P.E. Lumumba n’a contenu aucune valeur pédagogique qui relate la vérité de ce qu’il y a eu et son incarcération n’a eu aucune valeur pénologique, car Lumumba n’a été ni amendé, ni resocialisé de cette courte peine qui en soi, n’a aucune valeur pénologique certaine.

C’est en quelque sorte ce que nous vivons ce jour avec le procès de Vital Kamerhe. La défense dénonce une certaine violation des règles de procédure et de droit à un procès équitable. Ayant toutes les caractéristiques d’un procès politique, le procès de Vital Kamerhe n’échappe pas à la règle des procès politiques à travers le monde, où au-delà des faits et du droit, il y a une main noire et politique qui tire ficelle dans l’ombre.

Nous pensons enfin que la justice en soi n’est pas mauvaise. Cependant, au-delà des idées et des partis, au-delà des pouvoirs, il y a une règle fondamentale qui est de poursuivre le bonheur des hommes et la paix entre eux.

Un jugement est accueilli avec respect, ordre et calme lorsqu’il obéit aux droits garantis aux personnes accusées comme le voudrait bien le droit à un procès équitable qui est un droit fondamental et international. Un procès équitable est un moyen de la pacification des esprits et de la réconciliation des hommes divisés par un différend qu’ils amènent en justice.

A la suite de Maître Jacques Marrès, avocat de P.E. Lumumba, je hais la politique quand elle procrée la discorde.

Achille Etukumalo, Master et Doctorant en Droit.

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